L'amour et le temps

Il y a des moments inquiétants comme ça, où je me demande si j'aime encore mon Arbiter personnel, si le Temps assassin (qui emporte avec lui les rires des enfants) n'aurait pas eu raison de mes sentiments.

Ce genre de moments, c'est généralement quand je suis au labo', et que je me rends compte avec quelle facilité j'arrive à me concentrer sur plein de choses sans même avoir de pensée pour lui.

Ou alors quand je marche en rentrant du labo', et que je me rends compte qu'en laissant divaguer mes pensées elles vont dans plein de directions, mais pas vers lui.

Il est de fait que je ne suis plus l'amoureuse transie d'il y a sept mois. J'arrive à penser à autre chose qu'à lui, ce qui est finalement plutôt une bonne chose pour mon travail et pour mon développement personnel.

Il m'arrive d'avoir de la nostalgie pour cette époque transie, où tout était rose, tout était beau, tout était merveilleux. Encore aujourd'hui, quand j'ai le moral vascillant, il m'arrive me replonger dans les mails de cette époque ; ces mails n'ont rien perdu de leur force ni de leur Warp Field.

D'ailleurs une coïncidence surprenante est que mes idées noires ont recommencé à se répendre dans mon esprit et sur ce blog à peu près au moment où ces mails ont arrêté de remplir ma boîte de réception.

Cependant, quand j'y réfléchis calmement, en dehors de ces moments de doute, je reste persuadée que je ressens bien de l'amour pour lui, et que j'ai juste appris à vivre avec.

Souvent en rentrant du labo', je ressens une espèce de solitude, et je soupire de ne pas pouvoir retrouver sa chaleur au but du chemin. Ce n'est pas une chaleur humaine qu'il me manque, mais bien sa chaleur humaine.

C'est bien à côté de lui que j'aime me réveiller le matin, lui en particulier et personne d'autre. C'est à lui que je veux offrir ma chaleur humaine, en espérant qu'il l'apprécie autant que moi j'apprécie la sienne.

C'est pour être avec lui que toutes les semaines j'attends le week-end avec impatience. C'est lui que j'aimerais bien avoir à mes côtés tout au long de la semaine, de jour comme de nuit (on peut toujours rêver, même si ce ne serait pas forcément idéal en réalité).

C'est lui qui m'a incroyablement manqué dimanche dernier, pendant les six heures où il était en repas de famille. C'est à l'idée de ne plus être avec lui que j'ai le syndrôme du dimanche soir, que j'ai d'ailleurs encore ressenti hier soir, après deux jours avec lui, malgré le week-end avec lui qui allait commencer moins de 24h plus tard.

Mes plus grandes angoisses sont, encore aujourd'hui, le décevoir ou le faire souffir. Mes plus grandes joies sont lui faire plaisir. Ma plus grosse déception est de trouver aussi peu d'occasions de le faire.

Bref, au final, et tout bien pondéré, j'ai quand même la nette impression que mes sentiments sont encore là et qu'ils sont encore très forts. Il y a indubitablement quelque chose qui changé depuis le mois d'août dernier, et je ne saurais dire si c'est plutôt en bien ou en mal ; mais ce qui est vraiment important c'est le présent et ce que je ressens en ce moment. Et puis de toute façon, le changement c'est la vie.

Comme je le disais à mon 'chiatre, c'est une merveilleuse relation qui s'installe et qui a l'air de vouloir durer. J'ai quand même une chance incroyable.

Publié le vendredi 14 mars 2008 à 20:38.

Catégories : Lui Moi

Commentaires

1. Le vendredi 14 mars 2008 à 23:57, par K :

Tu passes à une autre phase de ta relation amoureuse, des sentiments que tu éprouves pour lui. Normal quoi.
Le mode [passion/je pense tout le temps à toi] dure un temps et s'en va (et heu ben ce n'est pas un mal, il y a aussi d'autres choses dans la vie que son compagnon).
On peut être amoureux d'une personne sans pour autant penser à elle à tout moment de la journée (et le contraire peut aussi être vrai).

2. Le samedi 15 mars 2008 à 9:43, par Cinn :

Entièrement d'accord avec K... il n'y a pas grand chose à ajouter, sauf que cette autre phase qui arrive est une très bonne chose (et pas un appauvrissement, comme tu le craignais peut-être)

3. Le dimanche 16 mars 2008 à 14:39, par Natacha :

Merci de me confirmer le côté positif de cette nouvelle phase. Ça aurait été plus facile de s'en rendre compte s'il n'y avait pas la nostalgie de ces premiers moments.

D'ailleurs l'histoire de K me laisse penser que c'est plutôt dangereux de préférer les papillons dans le ventre des débuts aux phases suivantes. Et j'avoue que je ne suis pas sûre du tout d'être capable d'affronter ce danger, et ça, ça me fait vraiment peur.

Alors j'essaye de me dire que ce n'est pas la nostalgie du début pour le début, mais seulement parce que c'est une époque où (j'ai l'impression) on communiquait plus, et pendant la semaine la communication avec lui me manquerait peut-être encore plus que sa présence.

4. Le dimanche 16 mars 2008 à 14:54, par Ness :

Comme K et Cinn, je trouve que c'est assez normal. Tu sais, moi ça fait 4 ans que je suis avec mon cher et tendre, et c'est clair que je ne pense pas à lui 24h sur 24 ! Ce n'est pas que les sentiments disparaissent, c'est qu'ils se transforment. On passe de "être amoureux" à "aimer".

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova

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