Du bon usage d'une salle d'eau

Je pense que je suis une personne plutôt tolérante. Mais malgré toute la bonne volonté que j'y mets, cette tolérance n'est pas infinie. Voici un exemple du mauvais côté de la limite.

Il y a au labo' des toilettes mixtes, sous la forme d'une salle contenant une cuvette et un lavabo. C'est très sympathique, un peu familial, mais je me demande si ce n'est pas un peu léger pour un étage entier. Évidemment, comme tout équipement collectif, c'est à la fois à tout le monde et à personne, donc le respect des lieux est plutôt limité.

Que des hommes laissent systématiquement l'abattant relevé, je tolère. Après tout, moi je ne vaux pas mieux, je le laisse systématiquement baissé, et je ne vois pas en quoi une position serait plus juste que l'autre.

Que des hommes parfois « ratent » la cuvette, je tolère. Après tout, je suppose ça peut arriver des jours où la précision n'est pas à son niveau optimal. Les femmes de ménagent font un assez bon boulot pour que le lendemain matin l'odeur ait disparue. Enfin, elles ont beaucoup de courage, je ne crois pas que je serais capable de faire un boulot comme ça.

Que des gens (cette fois-ci on ne peut pas présupposer du sexe) laissent la lumière allumée, je tolère. J'ai une aversion maladive (relevant de la psychatrie ?) envers le gaspillage, mais il semble que ce genre de considérations passe à des kilomètres de la plupart des homo sapiens sapiens des environs. Bon, il faut voir les choses en face, les 40 W de cette ampoule représentent une consommation électrique négligeable devant l'ensemble de l'électricité gaspillée dans ce bâtiment, et je ne parle même pas de l'électricité consommée.

Que des gens ne ferment pas complètement le robinet du lavabo, je tolère. Même si franchement je n'arrive pas à imaginer comment on peut estimer avoir fermé un robinet sans avoir senti la fin du pas de vis, même lorsqu'il s'agit d'un geste machinal. Et même si ça relevait de l'alterperception tactile, je n'arrive pas à imaginer comment le geste machinal pour fermer un robinet puisse être moins ample que le geste machinal pour l'ouvrir. L'eau potable est quand même une ressource précieuse, dont certains prédisent une pénurie dans pas si longtemps que ça. Mais bon, les gens s'en foutent, j'ai appris à vivre avec.

Mais ce que vraiment je ne supporte pas, c'est le bruit du robinet qui goutte. Le bruit périodique de la goutte qui s'écrase dans le lavabo, avec une régularité de métronome, en étant coincée à un mètre cinquante de là, obligée de supporter cette torture sans pouvoir fermer correctement ce robinet. Ça, c'est au-dessus de ce que je peux tolérer.

Contraitement à la diatribe précédente, je n'ai rien fait pour arranger ça, je pousse juste ce coup de gueule dans un blog obscur, parce que franchement, je ne vois pas quoi faire pour améliorer cette situation.

Je crois que je vais me coller un post-it quelque part, pour penser à vérifier que le robinet est bien fermé en entrant dans les toilettes, parce que sinon je vais devenir folle (enfin, encore pire que maintenant, quoi).

Publié le mercredi 25 juillet 2007 à 10:15.

Catégories : Boulot Diatribes

Commentaires

1. Le mercredi 25 juillet 2007 à 12:45, par K :

Il est tout à fait possible de laisser un mot.
Je l'ai fait car j'en avais marre de voir des traces (de sacrées traces) au fond de la cuvette. Mon mot (sur le ton de l'humour) a eu son effet et je n'ai plus jamais eu la "surprise" de voir ces traces (et plus eu la désagréable mission de les nettoyer...).

2. Le mercredi 25 juillet 2007 à 17:24, par Natacha :

J'ai des doutes quant à l'efficacité d'un mot dans ma situation. Les traces, c'est objectivement dégoûtant, je pense que n'importe qui est capable d'imaginer qu'il est pénible de se retrouver face à ça. Mais combien de personnes sont capables d'imaginer la gêne que produire le bruit d'une goutte d'eau qui tombe dans un lavabo ?

C'est comme cette année scolaire cauchemardesque (mais pour d'autres raisons) que j'ai passée dans une résidence étudiante, avec un voisin qui était manifestement fan d'un style de musique particulier, je crois c'est ça que l'on appelle Raï. Je ne sais pas si découvrant de type de musique dans d'autres conditions, je l'aurais apprécié, mais depuis je l'exècre copieusement.
Que l'on aime de ce genre de musique, pourquoi pas, après tout, tous les goûts sont dans la nautre. Que l'on ait envie d'en écouter à deux ou trois heures du matin, pourquoi pas, mais moi je suis vieux jeu (et en prépa') et je préfère dormir à cette heure là. En plus, c'était manifestement une personne soucieuse de son voisinage, car cette musique n'était pas très forte. Genre dans ce bâtiment manifestement pas super-bien insonorisé, depuis mon lit juste à côté de la cloison j'entendais la musique moins forte que le tic-tac de ma pendule au l'autre bout de la pièce.
Sauf que voilà, cette musique ressemble furieusement à de la voix humaine, mais pas assez forte (et peut-être dans une langue inconnue) pour pouvoir comprendre des mots. Je sentais mon cerveau qui luttait furieusement pour essayer de déchiffrer ces sons. Évidemment, c'est loin d'être bon pour le sommeil. Mais comment faire comprendre à qui que ce soit que de la musique moins forte que la pendule puisse être gênante ?

3. Le samedi 28 juillet 2007 à 14:10, par ralphy :

Le robinet qui goutte, c'est pénible pour chacun. Un mot sur la porte côté sortie avec un "avez-vous pensé à fermer le robinet ? il lui arrive d'avoir des fuites" pourrait avoir son effet. Comme ça, personne ne se sent blessé. D'un autre côté, personne ne se sent visé...

Ce que je trouve de plus dégoûtant et pénible, en revanche, c'est de voir quelqu'un sortir des toilettes sans se laver le mains, l'air de rien, comme si c'était tout ce qu'il y a de plus normal...

4. Le samedi 28 juillet 2007 à 21:09, par Natacha :

J'essayerai ce genre de mots, ça marchera peut-être. En attendant, maintenant je pense la plupart du temps à vérifier le robinet, et ça passe mieux.

Par contre pour le lavage de mains, ça dépend de ce qu'on y fait. Lorsque ça implique des coliformes et autres hôtes de la flore intestinale, je pense que tout le monde est d'accord. Par contre j'avais lu un article assez intéressant, qui argumentait qu'il n'y avait pas de raison que votre hochet (c'était un garçon qui écrivait) se salisse plus que les mains, et globalement ce serait plutôt ça à laver que les mains, sauf que voilà, il y a le préjugé judéo-chrétien sexe = sale. Et c'est vrai que techniquement, l'urine est stérile, sauf en cas de cystite, mais ça on le sent passer.

Cela étant, par mesure de précaution, ça ne fait pas de mal de se laver systématiquement les mains avant de sortir des toilettes. Et avant et après chaque repas aussi, d'ailleurs, et moi je le fais aussi en arrivant chez moi ou au labo' (i.e. après un déplacement, qu'il soit piéton ou par transports en commun), des fois que. Il paraît qu'un geste aussi simple sauve un paquet de vies... Bon par contre une faille dans mon hygiène, c'est que j'oublie presque tout le temps de laver les fruits que j'épluche, or je ne me lave pas les mains entre l'épluchage et le mangeage.

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova

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