Brouillard givrant

Il y a des jours comme ça, où lorsqu'on se lève le matin, en plus du brouillard habituel laissé par la fatigue, il y a quelque chose de plus, une impression bizarre et indescriptible. C'est ce qu'il m'est arrivé ce matin, sauf que cette fois l'impression avait un air de déjà-vu.

Je me souviens rarement de mes rêves, et encore moins ces temps-ci, mais ce matin l'impression m'a tout de suite fait penser à un rêve que j'ai fait il y a un bon bout de temps. Plus précisément, dans la nuit du 8 au 9 janvier 2007. Ou alors c'est ce rêve qui m'est revenu en tête pour une raison obscure, et l'impression qu'il a laissée qui est revenue avec lui. Peu importe.

Il y a donc onze mois, j'ai rêvé que je me réveillais. C'était dans ma chambre chez mes parents, avec une inversion gauche/droite : en vrai le bord droit du lit est contre le mur, alors que dans ce rêve c'était le bord gauche.

Dans ce rêve je me suis donc réveillée, avec une main dans la mienne. Une main d'enfant. Au début je pense que c'est une de mes petites sœurs qui a eu une idée bizarre, donc je m'apprête à la renvoyer sévèrement. Je remonte le bras pour arriver au reste de l'enfant, et en fait c'est un petit garçon, avec un regard qui m'attendrit tout de suite, même si je reste décidée à les renvoyer (c'est ma chambre) mais gentilment, lui et les occpants des sacs de couchages que je vois derrière sur le plancher, façon squatters.

En me redressant sur le lit, je me rends compte que ce n'étiat pas des humains et des sacs de couchage, mais des peluches, en demi-cercle devant le lit, et ma gorge se serre déjà. Le dauphin bleu marine qui était tout à gauche me demande tristement si je les mets vraiment dehors. J'ai déjà les larmes qui commencent à couler lorsque je leur demande, en connaissant déjà la réponse, si ce sont les peluches oubliées, et le dauphin bleu me répond que oui.

Je les regarde tous l'un après l'autre, de gauche à droite, et je reconnais un sac à dos triangulaire blanc et bleu, avec peut-être un peu de rouge (que je n'ai jamais vu en vrai). En le voyant, lui que j'avais moi-même oublié, j'eclate en pleurs. Je fais de mon mieux pour articuler entre les sanglots que bien sûr ils peuvent rester.

Il est resté une impression étrange après ce rêve, le 9 janvier, et sa remémoration ce matin. C'est difficile à décrire, peut-être un mélange subtilement dosé de tristesse, de nostalgie et de culpabilité. Enfin bref, c'est pas joli-joli. Finalement je pense que la meilleure façon de décrire cette impression est de raconter le rêve qui en était à l'origine la première fois, d'où cet article.

Complètement givrée la Nat', hein ?

Publié le vendredi 7 décembre 2007 à 11:35.

Catégorie : Moi

Commentaires

1. Le vendredi 7 décembre 2007 à 16:58, par _FrnchFrgg_ :

C'est marrant, c'est le genre de truc que je trouve plutôt emprunt d'une poésie irréelle que givré.

Un peu à la Tim Burton.

Moi j'aime bien l'idée, baser une nouvelle là dessus ça pourrait être sympa.

2. Le samedi 8 décembre 2007 à 10:06, par JR :

C'est un rêve magnifique, sublime.

3. Le samedi 8 décembre 2007 à 14:03, par Armel :

Je n'ai jamais fait ce genre de rêve, mais c'est vrai que ça fait cet effet quand on se rappelle des choses auquelles on a tenu à une époque et qu'on a oubliées. D'autant plus quand il s'agit de vraies personnes (copains d'enfance), mais également quand ce ne sont que des choses, même pas à forme humaine (il m'est arrivé de m'excuser envers un pull que je mettais peu de préférer ses camarades, c'est pathologique mais je n'y peux rien). L'autre jour, en rangeant la chambre de mon petit frère, je suis tombé sur des pelluches à laquelles je n'avais pas pensé depuis des années, ça m'a fait un pincement de coeur... surtout quand j'ai revu mon ours en peluche, que j'avais abîmé exprès et barbouillé de feutre rouge pour pouvoir le soigner. Cruelle larve d'humain que je fus...

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova

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