Délire maniaco-dépressif

Je ne comprends plus rien à ce qu'il se passe dans ma tête. Enfin je veux dire, encore pire qu'avant. Depuis lundi mon moral fait n'importe quoi, avec des (relativement) hauts et des (super) bas.

Bon en fait je ne pense pas rentrer sérieusement dans la définition de la maniaco-dépression, c'est juste un titre provocateur. En fait, je dirais que les changements d'humeur ne sont pas assez fréquents ni assez rapides, et que les phases « hautes » ne sont pas assez hautes.

Je vous passe les détails de ma dépression ses dernières semaines, mon blog en est déjà rempli. Sur lundi, mardi et mercredi, le moral n'a pas arrêté de monter, lentement mais sûrement. Mercredi soir, j'avais l'impression d'avoir retrouvé le niveau d'avant cette histoire de dépression, ce qui n'est pas super-rose, mais quand même méchamment mieux que les semaines passées.

Je n'avais rien fait spécialement pour, mais je me suis dit que c'était les médicaments qui commençaient enfin à faire de l'effet. Mais en même temps, je me suis déjà faite avoir comme ça (je l'ai raconté dans le Soleil est Noir) et quelqu'un d'expérience m'a dit que ce n'est pas comme ça que ça marche les médicaments, du coup de je m'étais préparée à ce que ça reparte en latte. Mais à force, je me suis dit que c'était quand même bien de laisser de côté un peu de noir.

Et jeudi matin, en me réveillant, la rechute en plein dans la figure. C'est peut-être seulement un effet du contraste avec le mercredi soir, mais je crois que je n'avais jamais été aussi mal dans toute cette dépression.

J'étais tellement mal que j'ai failli faire des bêtises. J'ai succombé à l'appel du cutter, et par une chance incroyable il était tellement émoussé qu'il n'était plus capable de ne couper que du parafilm, ma peau s'en est sortie intacte.

Mais au fur et à mesure de la journée, j'ai réussi à reprendre pied petit à petit. Ça n'aurait jamais été possible sans le soutien précieux de Cinnamon et de K par l'intermédiaire du minitchat du site les perles du chat. Je tiens d'ailleurs à les remercier chaleureusement au passage, je ne sais pas quelles autres bêtises j'aurais faites sans eux.

Résultat jeudi soir ça n'allait pas trop mal, même si on était loin d'égaler mercredi soir.

Vendredi matin, rebelotte, sauf en démarrant d'encore plus bas. Et c'était en étant à ce plus bas que j'ai rédigé J'ai raté ma vie. Je ne dis pas que j'étais dans un état second, mais sans doute dans un état plus noir qu'à l'accoutumée.

Autrement, vendredi je faisais des analyses devant l'ordi' au lieu de faire des expériences, donc ça a permis de résister plus facilement à la tentation de faire des bêtises, à la place j'ai juste publié un texte noir dans ce blog.

Le reste de la journée était très similaire, j'ai progressivement repris pied grâce au même type d'aide de Cinnamon et de K, et le soir j'étais de nouveau dans un état à peu près utilisable.

Mais le vendredi après-midi j'étais un peu toute bizarre, avec un peu la tête qui tourne comme quand on a un peu trop bu (enfin je crois, ça fait longtemps que ça ne m'est plus arrivé) ou quand on fait une hypoglycémie (là c'est plus récent, je me souviens bien) ou quand on se lève trop vite sous antidéprsseurs (sauf que je restais assise). Donc je ne me suis pas trop attardée, et couchée tôt.

Et ce matin, la même chose, mais encore pire que vendredi ou jeudi matin. On dirait bien que j'ai le réveil difficile ces temps-ci... Sauf que voilà, aujourd'hui, pas de boulot, pas de Cinnamon, pas de K, et même pas la force de se lever ou d'allumer l'ordi'. J'avais juste envie de me blottir contre quelqu'un et l'innonder de larmes...

Alors à la place, j'ai innondé mon oreiller de larmes. Et puis j'ai fini par me rendormir. Ça a fait beaucoup de bien au moral, mais au détriment du corps : j'ai encore subi le syndrome de la sieste, avec en plus un gros mal de tête, pour faire bonne mesure.

Les effets secondaires se sont dissipés en quelques heures, et le moral est toujours relativement bon, je suis revenue à Eve Online après mon arrêt forcé... ça m'a fait tout drôle, et un peu chaud au cœur aussi, de revenir.

Pourvu que ça dure !

Publié le samedi 28 juillet 2007 à 17:17.

Catégorie : Moi

Commentaires

1. Le samedi 28 juillet 2007 à 17:33, par Smacks :

J'éspère du plus profond de mon coeur que tout ira mieu.
Pleins de bisoux, pour la peine.

__________
Mr. Smacks.

2. Le samedi 28 juillet 2007 à 21:22, par Natacha :

Mille mercis ce commentaire et pour ton soutien. Je commence à en avoir vraiment marre d'être comme ça...

3. Le samedi 28 juillet 2007 à 22:36, par Smacks :

Je n'en ferai rien si je pensais que tu n'en vaut pas la peine.

4. Le lundi 30 juillet 2007 à 7:50, par ralphy :

Je ne saurais que t'encourager à parler de ces symptômes à ton médecin, lui seul saura te dire ce qui est lié aux médicaments et à leurs éventuels effets secondaires et ce qui l'est à la maladie.

Cela étant, l'expérience m'a montré que tant que la dose idéale des anti-dépresseurs n'est pas trouvée, des sautes d'humeur arrivent, faisant changer le moral de tout au tout en l'espace d'une journée, voire même moins encore. Une fois les doses adéquates trouvées, quelques semaines à quelques mois plus tard, on constate son état se stabiliser sensiblement, voire se stabiliser tout court. Une fois arrivé à ce stade, on commence vraiment à reprendre le goût à la vie, car c'est une période où la vie sociale peut enfin réellement reprendre, et des projets se dessinent. Ce n'est qu'après plusieurs mois de cette vie de nouveau stable, que le médecin peut éventuellement commencer à envisager de baisser les doses progressivement (cette durée s'étale sur plusieurs mois en général), et si tout se passe bien, l'état devrait rester stable.

J'avais lu dans un bouquin sur la dépression qu'il fallait en moyenne trois ans pour soigner une dépression. Bon courage !

5. Le lundi 30 juillet 2007 à 10:15, par Natacha :

Merci beaucoup pour ton commentaire et pour le partage de ton expérience.

Ce n'est pas très réjouissant de savoir que je vais devoir traîner une béquille chimique de plus pendant des années, mais en même temps ça fait longtemps que j'ai perdu l'espoir de retrouver l'indépendance chimique, donc je ne suis plus à ça près...

Ce qui est pénible c'est le temps qu'il faut pour tout ajuster, et pendant ce temps là plus rien n'avance, comme si la vie était en pause. Enfin, je n'ai pas vraiment de vie sociale à reprendre, mais plutôt à commencer. Je ne suis pas sûre que ce soit plus facile.

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova

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