Nat découvre l'empathie...

... et se dit que finalement l'autisme associé à une anesthésie des sentiments et des émotions, ce n'était peut-être pas si mal.

J'ai une amie qui va super-mal, pour des raisons qui ne me regardent probablement pas, et qui ne regardent sans doute pas les lecteurs de ce blog. D'ailleurs je ne sais pas si elle va lire ces lignes, mais ce n'est peut-être pas une bonne chose.

J'ai mes propres problèmes, qui n'engagent que moi et qui ne sont pas toujours faciles à gérer au quotidien. Et elle a ses propres problèmes, que je ne sais pas comment elle gère, mais qui me sont totalement étrangers. Sa situation est à des années-lumière de tout ce que j'ai pu vivre, directement ou par procuration. Je n'ai aucune idée de ce qu'elle peut vivre ou ressentir en ce moment. J'ai toujours compté parmi mes plus grandes forces l'humilité du « je sais que je ne sais pas », et là c'est évident que je ne sais pas.

Par contre, je ressens des choses. Une avalanche de sentiments et d'émotions, étranges et inconnus, je n'arrive même pas à mettre de mots sur la plupart d'entre eux ; mais je sais qu'ils ne sont pas vraiment à moi. Est-ce que c'est ce que j'imagine qu'elle ressent ? Est-ce que c'est ce que je ressentirais si j'étais dans la situation que j'imagine être la sienne ? Est-ce que c'est ce que ressentirait un personnage qui serait telle que j'imagine cette amie dans une situation que j'imagine être celle de cette amie ? Est-ce que ça n'a rien à voir, et je me rends juste malheureuse toute seule, par solidarité ou par culpabilité de me sentir mieux qu'elle ? Je ne sais pas. Là encore, je sais que je ne sais pas.

Au final, je suis seule dans mon appart', comme d'habitude, à verser des larmes, comme trop souvent, en sachant pertinemment que c'est complètement inutile, comme à chaque fois. Juste que là ces larmes ne sont pas pour moi.

Monde de merde.

Publié le jeudi 28 juin 2007 à 6:59.

Catégorie(s) : Moi

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