Empathie, ou pas ?

Suite à mon article Empathie II, on m'a dit que « c'est plus de la contagion émotionnelle que de l'empathie que tu ressens ». Je reconnais avoir peut-être utilisé abusivement le mot empathie, mais cette remarque me semble quand même simplifier abusivement la situation.

Définitions

Faute de meilleure source, je vais m'appuyer sur les définitions données par wikipédia (en faisant une synthèse entre la version anglaise et la version française).

L'empathie ne serait donc que la perception des émotions des autres, sans les ressentir soi-même. Ce n'est assurément pas ce que je décris dans ces articles. Ou peut-être que si, et ce ne serait juste pas que ça.

La contagion émotionnelle, c'est comme son nom le laisse deviner, la transmission ou copie d'une émotion de quelqu'un d'autre. À première vue, ça pourrait coller avec Empathie II, mais à première vue seulement. J'ai du mal à croire qu'une dizaine de liges de texte venant d'un(e) inconnu(e) soit assez riche pour transmettre une émotion, et dans ce qui passe aux info' c'est encore plus dur de trouver une source d'émotion.

La sympathie est un peu plus difficile à formuler, c'est quelque chose de plus éloigné de l'autre que l'empathie. Disons que c'est comprendre la douleur de l'autre.

Utiliser le bon mot au bon moment

Pouvoir appeler un chat un chat, il faut deux choses : d'une part savoir ce que signifie le mot chat, et d'autre part avoir assez d'information sur le truc qu'on regarde pour savoir que ce truc colle à la définition du mot chat.

J'ai déjà couvert (grossièrement) les définitions, mais il reste le problème fondamental de savoir qu'est-ce que je ressens exactement, avant de pouvoir mettre des mots dessus, quelque soit la précision des définitions.

Par exemple, dans le cas de Empathie II, dont je n'ai toujours pas récupéré, est-ce que la douleur que je ressens est une copie de celle du trompé ? Ou bien est-ce que c'est ma douleur à moi si j'étais dans sa situation ? Ou bien est-ce que c'est la douleur que j'aurais si mon passé était celui de la trompeuse et que j'étais mise dans sa situation, et que donc je serais coupable de la douleur à laquelle j'assiste ?

Ce dernier point me semble assez intéressant, parce que déjà il ne correspond clairement pas à de la contagion émotionnelle, et surtout parce que mes « crises » récentes vont dans ce sens.

C'est un peu comme un flash où on voit une scène se dérouler, sauf qu'au lieu d'être une perception visuelle, c'est plutôt une perception émotionnelle. C'est dommage, parce que dans une perception visuelle, on a mieux conscience du point de vue duquel est vu la situation, mais il me semble que dans ces flashs j'avais (principalement) le point de vue émotionnelle de l'infidèle.

Sans grande surprise, en général dans les histoires je m'identifie mieux aux personnages féminins qu'aux personnages masculins, et dans cette histoire d'adultère qui me hante, il n'y a pas un super-large choix de rôles féminins (tiens d'ailleurs, une femme qui fait des trucs lesbiens avec une « amie », ça compte comme un adultère ?).

Voilà, j'ai lâché le mot rôle. Mon passé n'a pas sa place dans ce blog, j'en ai déjà trop dit dans Les vents du changement, mais le jeu de rôles (sur table) y a joué un rôle fondamental, au point que par de nombreux aspects je suis, encore aujourd'hui, en permanence en train de jouer à Cyberpunk 2020. Dans ce genre de jeux, on donne au joueur un passé et une situation, et on le laisse réagir à sa façon. Ça ne vous rappelle rien ?

Psycho-n'importe-quoi

L'explication ci-dessus est séduisante, pas vrai ? C'est juste dommage qu'elle ne repose sur rien. C'est le problème dès qu'on cherche des pourquoi psychologiques, on a vite fait de raconter n'importe quoi et se retrouver avec des trucs inutilisables et en plus infalsifiables.

Parce qu'à ce compte là, on pourrait aussi dire que c'est parce qu'à une époque où j'étais en plein Œdipe, mon père a commis l'infidélité de me tromper, avec ma propre mère en plus ! (je suis l'aînée dans ma famille) Y a de quoi le vivre mal après, hein ?

Ou alors que c'est juste de la simple empathie. Parce que l'empathie, c'est basiquement la perception des émotions des autres, et lorsqu'on alterperçoit des émotions violentes, ça pique les yeux organes sensoriels de l'empathie.

Ou alors, moins surnaturel, de l'empathie de base, suivie de la douleur genre « Putain mais c'est quoi ce monde pourri où ça peut exister !? »

Pourquoi faire simple...

Et si à force de chercher frénétiquement et désesperément un pourquoi, je passais à côté d'une constatation simple, et en plus utile ?

Heureusement qu'une lectrice de passage (future habituée ?) a su voir cette simplicité. Tous ces trucs qui m'anéantissent complètement, ce sont des situations en rapport avec le sexe, ou l'amour. Lesquelles sont deux choses complètement nouvelles pour moi. « Depuis que je vis une histoire durable avec un homme toutes mes angoisses de jeune fille pas réglées se sont réveillées » Ça colle furieusement bien aussi, non ?

J'en parlais avant-hier avec mon Arbiter. Lui est plutôt du genre « tolérence 0 » sur l'infidélité. Rien que penser que ça pourrait possible de se faire toucher par tel mec, c'est déjà trop. J'imagine que se laisser draguer, sans repousser vigoureusement le prétendant dès le début, c'est déjà trop aussi.

Quelque part je le comprends, et j'ai tendance à penser que c'est une bonne chose pour moi ; mais dans tout ce que je vois autour de moi (c'est-à-dire pas grand chose en dehors de fictions et de quelques blogs), j'ai l'impression que l'infidélité, ça arrive quand même super-facilement, ça vous tombe dessus comme ça, au hasard, brutalement et sans prévenir. Alors du coup, c'est super-flippant de se dire que la merveilleuse histoire que je vis avec lui puisse voler en éclats super-facilement.

Ce serait donc une sorte d'immense syndrôme du dimanche soir causé par la perspective, à plus ou moins long terme, apparemment inéluctable, que ça se finisse super-mal.

Et plus généralement, pratiquement tout ce qui touche à ces deux nouveaux domaines sont des choses que je connais très mal, que je ne comprends pas, que je ne maîtrise pas, bref qui restent complètement hermétiques à mon esprit et à mon instinct. Et comme ce sont des domaines qui n'ont pas l'air d'être très porteurs pour les deuxièmes chances, l'angoisse de faire involontairement une bêtise aux conséquences terribles devient facilement envahissante.

Ou bien est-ce que je suis de nouveau en train de faire de la psychologie à deux balles/roubles/roupies/autres/rayez la(les) mention(s) inutile(s) ?

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova