Générateurs de silence

Au boulot, mon bureau est très bien situé, juste à côté d'un grand espace où sont livrés tous les trucs lourds et/ou encombrants. Et alors parfois ils s'amusent à faire du bruit là dedans, à la grande joie des occupants des bureaux à côté.

Il y a quelques semaines, ils ont trouvé marrant de jouer à la perceuse toute la matinée. Et par un coup de chance incroyable, justement cette matinée là, j'avais un mal de tête assez terrible, c'était vraiment intenable.

Alors je me suis jamais plus jamais, et une fois rentrée chez moi j'ai ressorti mes bouchons auriculaire qui traînaient chez moi pour les mettre dans mon sac. Évidemment je n'y ai pas pensé le jour même, donc je ne l'ai fait que le lendemain, mais le résultat était là : je trimballe ça en plus dans le fourbi de mon sac, entre les efferalgans et le plan de Paris, au dessus des piles de rechanges et en dessous de la pince à cheveux.

Mais en fait l'histoire commence plus tôt, quelque part au moins de juin, lorsque le maire m'a gentilment prévenue par courier (sans cachet de la Poste) qu'ils allaient faire des travaux nocturne de rénovation de la chaussée (parce que ça n'embête pas assez les riverains lors que c'est fait de jour).

Donc j'avais prévu le coup, et j'ai acheté des boules Quiès en cire naturelles. Le résultat a été lamentable, j'entendais les camions aussi bien avec que sans. J'ai supposé que c'était dû à mon incapacité à manier cette boule de cire, et comme en plus je n'aime pas vraiment le principe de l'ussge unique, je suis passée à la concurrence, avec des bouchons auriculaires Handsaplast. Sauf que voilà, le temps que je me bouge, les travaux étaient déjà fini, donc je les ai gardés précieusement.

Et comme à côté ils ne percent pas tous les jours, ces bouchons auriculaires sont restés inutilisés dans mon sac jusqu'à hier matin. Pas de mal de tête cette fois-ci, et puis au lieu de joouer à percer ils ont préféré jouer à taper des bouts de métal ensemble. Après tout, il faut savoir varier les plaisirs. J'ai donc mis maladroitement ces machins en mousse dans mes oreilles.

Je n'espérais pas grand chose après l'échec des boules de cire, et j'ai été positivement impressionnée par ces bouchons. Le tapage n'était plus qu'un bruit lointain, et je n'ai même pas entendu mon collègue de bureau entrer.

Contrairement à ce quoi je m'attendais, la sensation d'avoir un truc dans les oreilles ne m'a pas dérangée du tout, contrairement à ce que j'ai connu avec la cire. Par contre, j'ai eu au début une sensation bizarre et un peu désagréable au niveau de l'équilibre. Mais ce qui m'a perturbée le plus avant que je sois accomodée, c'était de ne plus m'entendre appuyer délicatement sur les touches du clavier.

Le monde du silence est vraiement formidable. Je suis vraiment super-contente de ces générateurs de silence, qui m'ont permis de travailler correctement. Contrairement à ma sœur qui ne peut travailler qu'avec de la musique, j'ai l'habitude de travailler en silence. Ça a aussi des avantages, par exemple quand les idées noires commencent à venir, il me suffit de mettre de la musique pour que mon esprit se focalise dessus, j'imagine que ma sœur n'y échapperait pas aussi facilement.

Par contre ces merveilleux bouchons auriculaires ont ennemi redoutable, et pour l'instant encore plus fort qu'eux : mon alterception. Parce que même si je sais que c'est néfaste que j'entende, et que consciemment je veux vraiment ne pas entendre, je sens quand même mon esprit qui lutte pour passer outre ces antipercepteurs.

C'est comme l'histoire que j'ai racontée dans un de mes commentaires, où j'étais gênée par un voisin qui écoutait de la Raï jusqu'à pas d'heure, même si sa musique me parvenait moins forte que le tic-tac de ma pendule.

J'ai donc ma super-perception qui a tout fait pour entendre malgré les bouchons auriculaires, et ça a marché. Je continuais de percevoir le tapage à côté, et même si à ma grande surprise je n'ai pas perçu le collègue entrer, j'ai pu suivre toute la (longue) conversation qu'il a eue avec un de ses collaborateurs qui est venu.

Par contre, même s'ils n'arrivent pas vraiment à générer un vrai silence, ces bouchons auriculaires atténuent quand même suffisamment ces sons pour que je puisse beaucoup plus facilement me concentrer sur ma tâche en cours, ce qui est finalement mon but premier.

Au final, encore un nouveau jouet qui remplit à mon avis tout à fait sa fonction, et dont je suis très contente. J'ai juste peur de trop y prendre goût et de finir par les utiliser trop souvent et/ou de ne plus pouvoir m'en passer.

Publié le jeudi 11 octobre 2007 à 19:45.

Catégories : Alterperception Boulot Moi

Commentaires

1. Le vendredi 12 octobre 2007 à 15:56, par Nimue :

C'est vrai que je n'arrive pas à travailler (efficacement)sans musique, je mettrai bien ça sur mes années d'internat, où, en étude, en l'absence de bouchons d'oreilles, j'avais le choix entre les bavardages agricoles de mes petits camarades, et la musique.
Et comme je n'ai vraiment commencé à bosser que pendant ces années là, les deux sont devenus indisociables.

Sinon, en cas d'idées noires, j'avais toujours un bouquin pas loin, il me suffisait d'y plonger.
Maintenant, plus besoin de bouquin, ça c'était bon pour mes périodes de solitudes.
A présent, je suis entourée, alors en cas d'idée noires, hop, via msn, ou le téléphone, sinon en réel, ça va mieux.

En tout cas, c'est cool de savoir que ces bouchons d'oreilles fonctionnent bien, si on me demande, je saurais quoi conseiller.

ça me fait penser que j'ai justement un cours sur le bruit en entreprise, je te raconterais ça, à l'occasion.

Allez, à la prochaine, bon courage pour affronter le dur monde du labo, avec ces nouvelles armes. ;)

2. Le dimanche 14 octobre 2007 à 9:41, par Ness :

Comme Nimue, il me faut de la musique.
Je suis incapable de réviser sans musique, incapable d'écrire sans musique, incapable de dessiner sans musique.
Bon, c'est plus un bruit de fond, vu que je suis capable de dessiner pendant 4h d'affilée avec le même morceau en boucle sans m'en rendre compte et sans connaître les paroles par coeur ^^
Je n'ai jamais utilisé de bouchons, mais je crois que je vais bientôt m'y mettre, mes voisins du dessus déménagent des trucs à 3h du matin...

3. Le jeudi 18 octobre 2007 à 9:50, par Natacha :

J'imagine que c'est parce que j'ai toujours travaillé, et plus généralement vécu, dans le silence qu'il y a une telle différence entre nous. À moins que ce soit cette volonté presque maladive de vouloir percevoir tout le temps le plus possible, qui a donné mon alterperception et ma réticence à avoir un fond sonore qui pourrait couvrir une perception auditive plus enrichissante. C'est peut-être même à force de vivre dans le silence que je me retrouve aujourd'hui sans le moindre sens musical.

Mais je ne suis quand même pas mécontente de cette caractéristique, c'est vraiment bien de pouvoir aussi facilement « penser à rien », simplement un coup de musique et hop sans grand effort je ne pense à plus rien d'autre que la musique et les paroles. Par exemple après m'être faite agresser lundi dernier, j'aurais bien aimé avoir un baladeur pour ne pas penser pendant des heures à toutes les façons plus ou moins surnaturelles ou futuristes de vivre la même scène mais avec l'issue inversée. S'il y avait un ordre dans ma wishlist ça aurait catapulté le baladeur MP3 en première position. Et puis, si c'est bien la cause de ma nullité en musique, ce n'est pas grave, ça fait ton sur ton avec le reste de ma nullité.

4. Le jeudi 25 octobre 2007 à 20:02, par Lani Katan (J9KzsuIjXcaS6pEPfExd) :

cela me rappel les "casques" avec ce type de mousse que j utilise pour travailler mais par contre je ne recherche pas le silence non j'essaye juste de préserve au mieux mes tympans :) oui mon travail me donne plus l occasion d'être celui qui te gêne a taper ou perce^^ Mais c'est très efficace tu entend a peu près tout autour et ça atténue les bruit trop important.

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova

Lithium Blog - commit dad867adc7a3fc6476990c37fcfa09685831b7d9 - Thursday 7 February 2008