Grippe

Ça fait depuis longtemps que je n'ai plus été malade (physiquement) à ce point. Je dirais depuis ma dernière grippe, quelque part au lycée. Hé ben ça ne fait pas du bien.

Jour 0

Mais se limiter à la maladie, c'est prendre le train en route, en plein milieu d'une des journées les plus pourries du millénaire : mon lundi noir.

Ça a commencé par un mal de tête plutôt méchant, alors que je me mettais en route pour rejoindre Ness. Et sur la fin de l'après-midi, j'avais vraiment mal au ventre, avec des nausées, qui sont allées jusqu'au vomissement. J'avoue que ces symptômes ne me font pas vraiment penser à la grippe.

Jour 1

Le mardi matin, je ne me sentais pas super-bien, le mal de tête avait monté d'un cran, mais je suis quand même allée travailler, presque aussi matinale qu'à mon habitude.

Par curiosité, avant de partir au boulot je me suis quand même mis le thermomètre quelque part : 37.5°C de température axillaire, mais j'ai peut-être été un peu impatiente et je ne l'ai peut-être pas laissé monter jusqu'au bout (un thermomètre électronique (et auriculaire, tant qu'à faire), ça a l'air cool). D'après wikipédia, ça correspond à 38.3°C dans un endroit plus fiable mais moins hygiénique. Sachant que le matin la température est plus basse, on peut en conclure sans trop s'avancer que j'avais de la fièvre.

Une fois arrivée, je prends du paracétamol, qui s'est montré très efficace contre ce mal de tête. C'est alors que je me rends compte qu'il n'y a pas que le mal de tête...

Ce qui m'a frappée en premier, c'est le « bruit » visuel. C'est peut-être à force de travailler sur des vidéos très bruitées que j'arrive à le reconnaître, mais c'était exactement ça. Je pouvais me concentrer sur l'image, et voir correctement, mais je ne pouvais m'empêcher de percevoir ce bruit, comme des zones toutes petites plus claires ou plus sombres qui bougent à toute vitesse. Ou pour ceux à qui cette image parle encore, comme une télé dont la réception est mauvaise.

Bon, je ne suis pas restée fascinée à contempler ces artefacts visuels, j'étais juste consciente de leur présence alors que je tentais de vaquer à mes occupations. Ça m'a marquée juste parce qu'habituellement je n'en voyaus pas avant, et d'ailleurs maintenant je ne les vois plus. Donc c'était un bon indice qu'il y avait quelque chose de pourri quelque part.

J'ai dit que je tentais de vaquer à mes occupations. C'est l'autre indice fort que ça n'allait pas bien : j'avais une difficulté incroyable à me concentrer sur quelque chose. J'ai déjà expliqué comment j'ai l'habitude de coder dans Fatiguée, du coup je n'ai pas été capable de pondre la moindre ligne de code. Quant aux quelques traitements demandés par mon chef, il m'a fallu dix fois plus de temps que d'habitude pour les mener à bien. Je n'ai pas compté le nombre de fois où j'étais devant l'écran en train de me demander je suis en train de faire quoi, là ?

En plus de ça, j'avais froid et je me sentais fatiguée, mais ça m'arrive si souvent que ce n'est pas très informatif. Je me sentais de plus en plus faible physiquement au fur et à mesure que la matinée avançait, j'imagine que ça par contre c'est significatif.

Une fois le chef revenu du repas de midi, je suis allée lui expliquer ma vision de la situation : je suis malade, si je reste ici le boulot n'avance pas, donc autant se reposer chez moi. Il a été complètement d'accord, et il a même proposé un diagnostic : la grippe. Je suis donc rentrée chez moi avec sa bénédiction et le conseil de boire beaucoup, et peut-être ne pas trop forcer sur l'aspirine parce que la fièvre c'est quand même censé aider.

Habituellement je rentre chez moi à pied, mais là je m'en sentais incapable. Les quelques centaines de mètres du boulot à la station de métro étaient marathonesques, alors à l'autre bout je n'ai pas tenté le kilomètre de la station jusqu'à chez moi, et j'ai pris le bus. Et c'était quand même limite, j'ai eu de la chance de ne pas m'effondrer avant d'atteindre mon seuil.

Une fois arrivée chez moi, je recharge péniblement mes bouteilles d'eau, je trouver la force de monter mon portable (la grippe c'est déjà assez pénible comme ça, je ne vais pas en plus me taper un syndrôme du manque) et le thermomètre, et je me mets au lit.

Jours 2 et 3

Rien. Le néant complet. Ou presque.

Le mardi après-midi était comme ça aussi. Je passe la journée à dormir, et la nuit à dormir aussi. Je me sens super mal. Au final, par trois fois j'ai succombé à l'appel du paracétamol, parce que le mal de tête était insupportable.

Les courbatures sont apparues assez tard, le jeudi.

Je ne suis pas descendue en dessous de 38.5°C pendant cette période, en mesurant cette fois-ci directement dans l'endroit fiable. C'est officiel, je déteste copieusement ça, mais au moins ça tient tout seul...

J'avais à la fois trop chaud et trop froid. Et pas seulement l'impression de froid (comme j'ai souvent) ou de chaud (ça ça faisait longtemps par contre), mais les réactions physiologiques qui vont avec : je sentais vraiment les frissons me parcourir pendant que j'étais en train de suer abondamment.

J'avais à la fois faim et les mêmes nausées que lorsqu'on a trop mangé. Je n'ai rien avalé de solide pendant toute cette période (sauf si on classe les canards dans les solides). J'ai juste bu de l'eau et de l'infusion, quand j'avais la force de sortir du lit pour en préparer.

Mais sortir du lit était incroyablement difficile. Il fallait affronter le froid et ne pas s'écrouler sur place. Ce n'est arrivé que deux fois pendant ces deux jours et demi, et je faisais le maximum avant de retrouver la chaleur humide de ma couette : toilettes, paracétamol, infusion, recharge d'eau.

Avec le recul, je me demande si c'était pas super-mauvais de macérer comme ça trois jours dans sa sueur. Mais sérieusement, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre, donc voilà, c'est comme ça.

Les symptômes ont commencé à s'améliorer gentilment jeudi après-midi : le mal de tête était tout-à-fait supportable, même sans paracétamol, et je recommençais à avoir confiance dans mes jambes. Mais en même temps, une toux grasse assez méchante (je me demandais parfois si j'allais pas cracher un bout de poumon) est revenue, et elle me hante encore aujourd'hui. Et pour une fois, je n'arrivais plus à dormir.

Jour 4

Réveil vers 4h30 du matin, et je n'ai pas réussi à me rendormir de la journée. Donc la fatigue n'était plus un problème. Le mal de tête non plus, et ma faiblesse générale non plus. Même les problèmes de trop chaud et trop froid appartenaient au passé.

Par contre j'avais encore les courbatures, la grosse toux, et 38.0°C (température matinale donc sous-estimée).

Mon chef m'avait prévenue que même si on se sent mieux, il ne faut pas recommencer tout de suite à bosser et tout, parce que c'est risquer une surinfection, et se retrouver avec un truc plus méchant, et qui en plus fait perdre plus de temps de travail que rester tranquillement au lit un jour de plus pour se rétablir correctement.

J'ai donc suivi son conseil, et j'ai séché le labo' et je suis restée (presque) toute la journée au lit. J'avoue que j'ai quand même profité de la force que j'avais trouvée pour faire quelques trucs que je ne pouvais pas faire avant

D'abord j'ai commencé par une douche. Ça fait quand même du bien. Je n'ai pas changé les draps ni le pyjama, mais comme ils étaient secs, j'ai estimé que je pouvais les garder sans que ce soit insalubre.

Et puis je suis allée chercher le courier. C'est quand même un exercice plutôt violent (six étages à descendre puis remonter sans ascenseur), et j'avoue pendant un moment m'être demandée si je n'étais pas sur le point de le regretter amèrement. Mais il y avait cet accusé de réception super-important que je n'avais toujours pas reçu, et alors que je descendais lentement les marches j'imaginais le scénario-catastrophe de la lettre qui se perd. Gros soulagement en trouvant l'avis dans la boîte aux lettre, et retour au lit.

Et j'ai aussi mangé, parce que ça commençais à faire quand même longtemps (un demi-repas à la cantine le mardi midi). Jeudi soir j'avais essayé de manger quelques cookies, et pendant les heurse qui ont suivi j'ai eu l'impression que j'allais les revoir passer dans l'autre sens, donc je me suis plutôt fait une soupe. J'ai tenté une soupe aux nouilles instantanée au curry, et j'aime beaucoup.

Le reste de la journée a été passé dans le lit et sur l'ordi'.

Aujourd'hui

Ce matin j'avais rendez-vous avec un médecin, alors je me suis que je reprenais une vie à peu près normale. Je n'ai pas encore retrouvé toutes mes forces, le kilomètre jusqu'à la station de métro était épique, mais je m'en suis sortie. À part ça, il ne reste que la toux, et mon appart' qui est exactement dans le même état que dimanche soir.

Et tout le reste aussi est dans le même état que dimanche soir. Rendez-moi cette semaine de ma vie !

Publié le samedi 9 février 2008 à 16:05.

Catégorie : Moi

Commentaires

1. Le samedi 9 février 2008 à 21:41, par K :

Houaou...
Je me souviens d'une grippe avec piqure dans les fesses par une infirmière qui venait tous les jours. C'était horrible cette semaine là.

Au fait pourquoi aller chez le médecin quand ca commence à aller mieux ?

2. Le lundi 11 février 2008 à 10:14, par Catioucha :

Et ben ! Bon courage pour la semaine, ménage toi et surtout couvre toi bien ! *voix de maman poule lol*

3. Le mardi 12 février 2008 à 11:06, par Natacha :

K, le rendez-vous que j'avais samedi avec un médecin n'était pas en rapport avec ma grippe. Pour être honnête, c'était en fait avec mon psychiatre :-$

Catioucha, merci pour ton attention. Bon, je ne sais pas trop pourquoi, mais je ne suis pas encore tout à fait au top de ma forme. Je tousse encore beaucoup, je suis encore assez faible, et cette nuit j'ai encore dormi dix heures d'une traite (avant cette grippe ça faisait longtemps que ça ne m'était plus arrivé).

4. Le lundi 25 février 2008 à 11:53, par Ness :

Ahhh, j'ai passé une semaine à peu près identique ^^
Je pense qu'on a eu la même chose. Et Stéphanie m'a dit que ses enfants avaient eu ça aussi. C'était un peu l'épidémie du moment.

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova

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