J'ai quand même de la chance

Un dimanche soir comme un autre. Mon Arbiter est en train de rentrer chez lui. Après une grosse cinquantaine d'heures avec lui, je suis à nouveau seule. Je ressens cette mélancholie que j'appelle le syndrôme du dimanche soir.

Just when you make your way back home
I find some time to be alone

Ça fait depuis plusieurs mois que ça dure, peut-être même depuis aussi longtemps qu'on se voit. J'en faisais systématiquement part à mon Arbiter, et puis une fois il m'a dit : « Oui, comme tous les dimanche soirs quoi. » C'est à ce moment que je me suis rendue compte que c'était effectivement à chaque séparation que je ressentais ça. Et depuis j'appelle ça le syndrôme du dimanche soir.

I go to see the place once more
Just like a thousand nights before

Ce soir n'est pas une exception. Mais au lieu de subir simplement cette mélancholie, ou d'essayer de la fuir par le sommeil, ce soir j'essaye de combattre cette impression négative avec des idées positives. Des idées qui viennent d'un fil qui m'est venu il y a quelques heures : j'ai quand même beaucoup de chance d'être avec lui.

I climb the stage again this night

Il a le même genre de tendance à l'autodévalorisation que moi, quoique peut-être moins marquée. Du coup, quand je lui dis ça, il répond inéluctablement qu'en fait c'est lui qui a de la chance d'être avec moi, et non l'inverse. Mais comme il n'a pas de blog, je peux utiliser le mien comme une technologie de persuasion qui donne artificiellement plus de poids à mon opinion, donc au final ici c'est moi qui ai quand même de la chance. Là. Nonmaissansblague.

'cause the place seems still alive
When the smoke is going down

Ness disait que je mérite d'avoir quelqu'un comme ça à mes côtés. Je ne suis pas vraiment sûre que je le mérite vraiment, en tout cas je suis d'accord que c'est une très bonne chose de l'avoir. Ma sœur aussi trouve que j'ai beaucoup de chance, elle en serait presque jalouse.

This is the place where I belong
I really love to turn you on

Mais qu'est-ce qui le rend si spécial ? Un début de réponse a été donné par une cousine, avec qui j'ai discuté pendant le repas familial de Noël. Depuis au moins six mois elle enchaîne les petits copains différents, qui ne tiennent chacun pas plus de quelques semaines. Elle disait : « Oui, bon, je suis peut-être un peu difficile, je cherche juste un garçon gentil, qui ne soit pas volage, et qui ne soit pas fashion victim. »

Ive got your sound still in my ear
While your traces disappear

Je ne sais pas si c'est si c'est si rare, en tout cas mon Arbiter à moi correspond parfaitement à cette description. Si ma cousine n'habitait pas à 500 km d'ici, et si elle n'avait pas ajouté quelques répliques plus tard « et qui me fasse courir » (ça n'a pas vraiment été le cas entre mon Arbiter et moi), j'aurais presque eu peur qu'elle en vienne à avoir des vues sur lui.

I climb the stage again this night

En même temps, c'est peut-être dû à la façon de les sélectionner. Je ne sais pas exactement comment elle choisissait ses copains, et d'ailleurs moi-même je ne saurais pas comment m'y prendre. Comme je n'y suis jamais allée, je ne sais pas du tout quels genre de mecs on trouve dans des boîtes autres soirées, mais j'ai l'intuition qu'ils ne sont pas représentatifs de toute la gent masculine.

'cause the place seems still alive
When the smoke is going down

Mon Arbiter est un peu autiste, comme moi. Ou alors il s'est coupé du monde juste pour moi, mais j'ai quand même l'impression qu'il est du genre à ne pas faire dans la quantité au niveau des relations humaines. Du coup, on s'est rencontrés par écran interposé, et pas dans un truc destiné à créer des relations réelles : un jeu, Eve Online.

I climb the stage again this night

Du coup, je ne sais pas trop à quoi ressemble un week-end en amoureux « normal », nous on va de l'ordi' au lit et inversement, et moi en tout cas, ça me couvient. Une soirée comme aujourd'hui, à construire ensemble un truc à Eve Online, avec une pizza et du malibu-coca, sincèrement je n'arrive pas à imaginer mieux sans qu'il reste pour dormir.

'cause the place seems still alive
When the smoke is going down

Évidemment, il n'est pas parfait, et il y a quelques bricoles qui pourrait être meilleures, qui se résument en gros à la disparition du warp field qui lui a valu son surnom d'Arbiter et au fait qu'on ne puisse pas se voir en semaine, et que je n'arrive pas à avoir l'impression que ça le gêne plus que ça. Je ne peux que prendre mon mal en patience.

When the smoke is going down

Le syndrôme du dimanche soir est sans doute dû principalement à ça, je me pourris toute seule mes dernières heures avec lui en sentant venir l'éternité avant la prochaine rencontre. C'est ma nature, je n'arrive pas à ne regarder le présent sans loucher (ou alterpercevoir ?) sur le futur.

When the smoke is going down

Au moins je saurai pour la prochaine fois que penser à cette chance que j'ai de l'avoir, et au sort de quelques unes qui n'ont pas autant de chance, premet de guérir presque totalement le syndrôme du dimanche soir. À moins que ce soit le malibu...

Paroles : Scorptions - When the smoking is going down

Publié le lundi 21 janvier 2008 à 2:06.

Dernière modification le lundi 21 janvier 2008 à 8:30.

Catégorie : Lui

Commentaires

1. Le lundi 21 janvier 2008 à 13:48, par _FrnchFrgg_ :

Ce qui est intéressant, c'est que nini faisait la même chose... Pendant que j'essayais de profiter au maximum jusqu'à la dernière minute, elle passait tout son dimanche (soit près de la moitié de notre WE) à broyer du noir...

2. Le lundi 21 janvier 2008 à 21:17, par Keeh :

Même constatation également.

3. Le lundi 28 janvier 2008 à 13:31, par Natacha :

Finalement, ça a l'air assez courant comme phénomène... ça rend l'absence de remède encore plus désespérante :-(

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