L'info', c'est hard

J'ai déjà entendu des gens qui dénoncent le journal télévisé comme étant une source de violence non-contrôlée, qui vient perturber les esprits de nos enfants. J'avoue être plutôt sceptique, pourtant ce qui m'arrive devrait me convaincre que parfois, les informations, c'est vraiment méchant.

Comme dit dans mon autobiographie symbolique, j'ai pendant très longtemps vécu dans ma bulle. L'année dernière, je me suis dit qu'il fallait quand même s'ouvrir au monde et à l'actualité, et pour ce faire je me suis mise à écouter le journal radiodiffusé sur RTL.

La radio et la presse écrite sont plutôt gentils par rapport au journal télévisé, comme expliqué dans Le dieu téléviseur, parce que les images sont beaucoup plus prenantes que le texte (écrit ou oral) qui réclame de l'imagination pour venir à la vie. Donc on a plus recul sur le texte que sur les images d'un journal télévisé.

Et pourtant, déjà en décembre dernier, les nouvelles un peu dures me touchaient profondément. Je me souviens encore de ce vendredi, où pendant toute la journée j'étais au bord des larmes, incapable de tenir mon esprit éloignée de cette histoire de viol collectif d'une fille de quatrième par une bande de garçon de troisième.

Et paradoxalement, il y avait des nouvelles vraiment horribles, comme cette histoire de bébés congelés, qui ne m'ont pas plus touchée que si c'était un scénario de film policier.

Je crois que ce qui fait la différence, c'est justement l'imagination. Cette histoire de bébés congelés, ça reste très abstrait pour moi, je n'ai pas l'expérience des émotions qui vont avec. Exactement comme pour l'équipage d'un vaisseau spatial qui meurt à cause d'une fuite dans le générateur nucléaire.

Les nouvelles qui me tourmentent vraiment, ce sont celles dans lesquelles j'arrive (plus ou moins) à me projeter. Un peu comme lorsque j'avais parlé d'empathie sur ce blog. Certaines situations résonnent étrangement en moi. Par exemple les viols, la prostitution ou les humiliations scolaires.

Ceux qui suivent l'actualité (moi j'ai raté ces derniers jours parce que je n'arrivais pas à me sortir du lit assez tôt pour écouter le journal de RTL) ont probablement entendu parler de ces photos de Laure Manaudou dans des situations explicites.

Dit comme ça, en passant, ça ne fait que titiller un peu ma curiosité malsaine (que deux minutes de google n'ont pas pu assouvir). Mais voilà, ils ont décidé de rebondir dessus en faisait une séquence Les auditeurs ont la parole sur le thème des dangers d'internet.

Déjà la façon dont il présentait le truc partait très mal. « Est-ce qu'on est en train de perdre le contrôle d'internet ? » Pas vraiment, en fait on ne l'a jamais eu. Pas plus que sur les discussions dans les parcs, d'ailleurs, la seule différence c'est qu'elles ont moins de portée. « Est-ce que c'est un monstre qui est en train de se développer sous nos yeux ? » Heu... je crois que je laisserai les histoires cyberpunk répondre à celle-là.

Bref, ça démarrait mal, et les auditeurs n'améliorent généralement pas le niveau (en fait il a plutôt tendance à empirer). Je ne sais pas ce qui m'a poussée à écouter cette séquence plutôt que de la remplacer par du Machinae Supremacy, mais ce n'était clairement pas quelque chose de raionnel. J'ai dû me dire que cette fois ce serait peut-être différent, qu'ils selectionneraient des gens qui ont des choses intéressantes à dire.

Au final, on a eu droit à trois témoignages : une mère dont la fille a eu droit au coup de la petite annonce ; une médecin qui suivait une collégienne fragile qui a fait une tentative de suicide après avoir lu un blog insultant où un article la visait ; et une mère dont la fille a eu droit à presque la même chose que Laure Manaudou (vidéos d'activités sexuelles qui circulent sur les téléphones portables et sur le 'ternet).

Et là, pendant ce quart d'heure auditeurs, la machine à empathie s'est mise en route. Elle ne s'est pas encore arrêtée. Ça repasse en boucle dans ma tête. Quand je n'ai pas autre chose sur quoi me concentrer, je reviens à ces scènes, avec en plus l'imagination qui y mêle le peu d'expérience "adulte" que j'ai (grâce à mon Arbiter). Et ça fait mal. Très mal.

Je crois qu'on peut officiellement considérer que le sexe est un sujet qui me touche un peu trop, surtout lorsqu'il est non-consensuel. En même temps, à quoi s'attendre d'autre, de la part de quelqu'un qui a 12 ans d'âge mental mais qui a déjà vu passer beaucoup (trop) de choses explicites ?

Il se passe des trucs bizarres dans ma tête. Ça bouillonne trop. Je vais finir par craquer.

Publié le jeudi 20 décembre 2007 à 16:15.

Catégories : Actualité Moi

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