Quand la musique est bonne

Il y a des fois où lorsqu'on établit une liste de critère avant d'investir quelque chose, on se retrouve avec exactement ce qu'on voulait. Et il y a des fois où on se rend compte trop tard qu'on a oublié un critère, et c'est justement ce qu'il m'est arrivé avec mon baladeur mp3.

Une vieille nouvelle

Quand la musique est bonne
Quand la musique donne

Les gens qui suivent ma wishlist (je ne devrais pas plutôt mettre le singulier de gens ici ?) ont pu remarquer que ça fait quand même depuis un bon bout de temps que l'entrée baladeur mp3 est rayée de la liste.

Et parmi les autres, ceux qui sont aussi attentifs à mes articles que mon Arbiter ont pu remarquer que j'ai déjà mentionné mon utilisation d'un baladeur mp3 dans les articles Creep et Outliving the Entangled.

Et pour ceux qui restent, désolée pour vous, on dirait que c'était bien caché. Voilà, j'ai commandé chez Amazon un baladeur mp3 Samsung YP-U3J QB/XET. Pour vous le situer un peu dans le temps, il a fait partie de la même commande que mon trackball dont je me sers quotidiennement.

Mais alors, pourquoi remettre sur le tapis une histoire aussi vieille ? Parce qu'il y avait un gros, même un très gros piège, livré avec ce petit morceau d'électronique.

Les conditions

Quand la musique sonne sonne sonne
Quand elle ne triche pas

Lorsque j'ai couché sur le papier virtuel mon souhait d'avoir un baladeur mp3, il y avait quelques caractéristiques qui me semblaient très importantes, voire indispensables ; d'ailleurs elles sont encore visibles dans ma wishlist. Les voici en plus détaillées et justifiées :

  • Pouvoir lire les fichiers OGG/Vorbis : c'est très important pour moi, parce qu'une grosse partie de mon audiothèque se trouve dans ce format, et que je n'ai aucune envie de tout ré-encoder. C'est un critère indispensable, et malheureusement très limitatif.
  • Fonctionner sur piles rechargeables standard : ça a déjà été discuté dans les commentaires de ma wishlist, mais le principe c'est que c'est plus pratique à mes yeux d'avoir des piles de rechange, et de pouvoir faire fonctionner l'appareil en continu avec un jeu de piles qui charge pendant qu'un autre est utilisé, et surtout de pouvoir continuer à utiliser l'appareil une fois les accu' d'origine morts, c'est probablement l'élément qui a une durée de vie la plus limitante dans cet engin. Ce n'est une nécessité absolu, la preuve en est que finalement mon Samsung a une batterie intégrée.
  • Avoir un tuner FM : ça relève à mes yeux du luxe, mais si je peux me passer du baladeur cassette que j'avais à l'époque pour écouter RTL le matin, ce n'est pas plus mal. Mon Samsung fait ça, et j'en suis contente.
  • Avoir au moins 256 Mo de mémoire : le principe c'est qu'il faut que ça tienne un bon voyage en train, c'est-à-dire quatre heures. À 1 Mo/min en gros, ça fait 256 Mo. De toute façon déjà à l'époque, 256 Mo de mémoire c'était ridicule, donc ce n'était pas un critère très restrictif.

J'ai fait ma petite étude de marché, et il semblait clair que mon premier critère, sine qua non, impose la marque Samsung. Encore qu'il paraît que les Samsung récent ne le font pas, ce que je trouve très décevant.

Et choisir Samsung impliquait de renoncer aux piles, mais vu le marché actuel j'en avais déjà fait le deuil. Tant pis, j'investerai de nouveau dans un jouet comme ça quand la betterie celui-là sera morte ; j'espère juste qu'à ce moment là il en existera encore qui lisent les fichiers OGG/Vorbis.

Les deux autres criètres étaient remplis, j'ai finalement pris un 2 Go et je peux écouter RTL tous les matins. Bref tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Ou presque.

Indiana Nat et le Critère Perdu

Quand la musique est bonne
Quand la musique donne

Ce que je ne savais pas en commandant ce jouet de chez Samsung, c'est qu'il existe (au moins) deux protocoles pour faire communiquer un baladeur mp3 avec un ordinateur : MTP et UMS (il me semble que iPod en utilise encore un autre).

UMS signifie USB Mass Storage, c'est-à-dire mémoire de masse USB. C'est ce protocole qui est utilisé par les clés USB, beaucoup d'appreils photo numériques, les lecteurs de cartes mémoire, les disques durs externes USB, les lecteurs et graveurs de CD ou DVD, bref une bonne partie des trucs qui stockent des données et auxquels on accède par USB.

C'est un protocole bien documenté, stable, qui fonctionne sous Linux et même sous Amiga. Franchement, de nos jours, combien de personnes se demandent si l'ordinateur qu'ils ont en face d'eux est capable de lire le conteur de leur clé USB ?

Je ne savais pas qu'il existait un autre protocole (sauf pour iPod, je savais que ce machin utilisait des trucs bizarres et propriétaires). C'est pour ça que j'ai commandé mon baladeur mp3 Samsung sans me poser de question de protocole.

Et j'avais tort, car comme finalement pas mal d'autres baladeurs mp3 du marché actuel, ce modèle utilise uniquement MTP, pour Media Transfer Protocol. C'est une invention de chez Micro$oft, donc propriétaire comme c'est pas permis, destinée à caresser les majors de l'audiovisuel dans le sens du poil.

Pour résumer simplement, le principe de UMS est de balancer des données brutes sur la mémoire de l'appareil, et ensuite si l'appareil est capable d'interpréter ces données ou pas, c'est un autre problème. Alors qu'avec MTP, on dialogue avec l'appareil, pratiquement d'égal à égal, genre S'il-te-plaît, tu veux bien copier ce fichier de là à là ?, à quoi il peut tout à fait répondre Va te faire foutre grosse connasse, Vivendi Universal a dit non.

Je passe sur tous les arguments techniques et/ou philosophiques en faveur de l'un ou l'autre des systèmes, c'est hors-sujet. Quand j'avais mon petit jouet noir entre les mains, j'étais comme tous les non-geeks de cette planète : je veux juste que ça marche. Et MTP, ça ne marche pas chez moi.

En cherchant comment m'en sortir, j'ai finalement trouvé un logiciels qui marchouillait vaguement, mais je ne me souviens plus duquel. Je me souviens seulement que c'était un truc libre censé parler avec les iPod, et qu'il plantait brutalemet à la moindre provocation. J'ai quand même pu copier tout mon Machinae Supremacy, un peu de Pain et quelques autres titres.

Et je suis restée avec ça et RTL pendant des mois.

La nouvelle nouvelle

Quand la musique sonne sonne sonne
Quand elle guide mes pas

Si je publie un article là dessus maintenant, c'est que la situation a récemment évolué : j'ai enfin trouvé le courage de me bouger et de chercher un programme qui marche vraiment. Je suis tombée sur gnomad2, qui utilise libmtp, et ça a l'air de marcher plutôt bien.

Je ne suis pas encore entrée profondément dans l'interface pour voir tout ce qu'on peut faire avec, mais ça copie des fichiers de l'ordi' vers le baladeur, et ça supprime des fichiers du baladeur. Que demander de plus ?

Bon, j'ai encore principalement du Machinae Supremacy et du Pain dans les oreilles, parce que c'est quand même génial, mais de temps en temps j'ai autre chose qui passe, et ça fait du changement, ce qui est bien aussi.

Maintenant il faudrait que je trouve le courage de trier et tagger proprement mon audiothèque, et ça, c'est pas une mince affaire.

Mon seul regret dans tout cette histoire, c'est que j'ai perdu cette caractéristique que j'ai décrite dans un commentaire à Générateurs de silence : j'arrive à ne plus entendre la musique qui est injectée dans mes oreilles, et du coups toutes les pensées plus ou moins négatives on libre accès à mon champ conscient, malgré une éventuelle musique. Tout n'est pas perdu, comme en témoigne Outliving the Entangled, mais il ne suffit plus de me mettre un truc dans les oreilles pour éviter que mes pensées se dispersent. J'ai presque l'impression d'avoir perdu une partie de moi, un peu comme un doigt qui tombe après une gangrène sèche.

Paroles : Jean-Jacques Goldman - Quand la musique est bonne

Copyright © 2007-2008 Natacha Kerensikova